{"id":689,"date":"2019-03-19T16:23:08","date_gmt":"2019-03-19T15:23:08","guid":{"rendered":"https:\/\/sites.cemea.org\/rome2019\/?p=689"},"modified":"2019-03-19T16:25:04","modified_gmt":"2019-03-19T15:25:04","slug":"quand-on-parle-de-migrants-tends-loreille-on-parle-de-toi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sites.cemea.org\/rome2019\/2019\/03\/19\/quand-on-parle-de-migrants-tends-loreille-on-parle-de-toi\/","title":{"rendered":"\u00ab Quand on parle de migrants, tends l\u2019oreille. On parle de toi ! \u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p>La\nformule en exergue est un d\u00e9tournement d\u2019une pens\u00e9e humaniste \u00e9crite par le\npo\u00e8te Aim\u00e9 C\u00e9saire, parlant des Juifs. Il faut le dire, jusqu\u2019\u00e0 fort r\u00e9cemment,\nle vocable et le concept de MIGRANT n\u2019\u00e9taient employ\u00e9s chez nous en Martinique,\nautrement que dans son assertion technique, pour les devoirs de g\u00e9ographie des\n\u00e9l\u00e8ves du secondaire ou pour pr\u00e9senter les d\u00e9placements saisonniers d\u2019animaux\nqui ne sont point de notre bestiaire. Il fallait alors au p\u00e9dagogue, dans les\nann\u00e9es 60\/70, de patience et de capacit\u00e9 de persuasion, pour faire entendre la\ndiff\u00e9rence entre EMIGRATION et MIGRATION. Rappelons qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque, il partait\nde chez nous, vers la France, \u00ab&nbsp;des \u00ab&nbsp;candidats \u00e0 l\u2019\u00e9migration&nbsp;\u00bb\npar pleins avions, par le tristement c\u00e9l\u00e8bre BUMIDOM ! Un autre \u00e9pisode de nos\nrapports tumultueux avec l\u2019am\u00e8re patrie qui avait encore besoin de main d\u2019\u0153uvre\npour se relever.<\/p>\n\n\n\n<p>Un peuplement par vagues successives<\/p>\n\n\n\n<p>La Martinique est une \u00eele. Un territoire de 100 km de\nlong et 32 dans sa plus grande largeur. Les premiers arrivants, des peuplades\nArawaks ont appel\u00e9 Madinina, cette terre vierge. Ils ont ainsi occup\u00e9 et\nd\u00e9nomm\u00e9 toutes les terres qu\u2019ils d\u00e9couvraient dans une dispersion qui les ont\nconduits en sauts d\u2019\u00eeles\ndepuis l\u2019Amazonie,&nbsp; sur tout le bassin\ncarib\u00e9en et les contreforts des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Cordill%C3%A8re_des_Andes\">Andes<\/a>. La\nMartinique est avec Cuba, Jama\u00efque, Ha\u00efti, Porto Rico, Guadeloupe mais aussi\nBarbade, Sainte Lucie, Dominique, Trinidad, Grenade et bien d\u2019autres rivages, un\nbout du chapelet de l\u2019archipel des Antilles, tous bord\u00e9s par l\u2019Oc\u00e9an Atlantique\n\u00e0 l\u2019est et la Mer des Cara\u00efbes \u00e0 l\u2019ouest. <\/p>\n\n\n\n<p>Une population qui ne fait pas peuple<\/p>\n\n\n\n<p>Par la\nsuite, le peuplement de ce petit maillon de la cha\u00eene volcanique de la r\u00e9gion,\ns\u2019est constitu\u00e9 au fil des \u00e8res et au gr\u00e9 d\u2019arriv\u00e9es successives de vagues\nd\u2019occupants, explorateurs, flibustiers, bannis, colonisateurs, esclaves,\nd\u00e9racin\u00e9s, r\u00e9fugi\u00e9s&#8230; Quand bien m\u00eame s\u2019est-elle constitu\u00e9e dans de rapports conflictuels\nvoire dans la d\u00e9testation, ces mouvements ont consacr\u00e9 le substrat d\u2019un groupe\norganis\u00e9 en couches non superpos\u00e9es mais successives, toutes l\u00e9gitimes&nbsp;;\nune soci\u00e9t\u00e9 qui ne manque jamais de dire son attachement \u00e0 son bout de Terre, des\ngens qui vivent, travaillent, se supportent cordialement, les uns, composant\navec les autres. <\/p>\n\n\n\n<p>Des apports culturels \u00e0 foison<\/p>\n\n\n\n<p>Au gr\u00e9\ndes mouvements, des installations, des visites, chacun a port\u00e9 et livr\u00e9 sur\nplace, au plus grand nombre, une part de lui-m\u00eame, comme \u00e9cot \u00e0 ce peuple\nembryonnaire jamais accompli. Ces marques sont visibles dans la langue commune\n-le cr\u00e9ole-, dans les expressions, des \u00e9l\u00e9ments vestimentaires, des rituels,\ndes chansons, des rythmes&#8230; Et m\u00eame s\u2019il a exist\u00e9 des sobriquets qui peuvent\npara\u00eetre d\u00e9plac\u00e9s et injurieux aujourd\u2019hui, ce n\u2019\u00e9taient que chamailleries,\nmoqueries ou simples raccourcis (dans une langue constell\u00e9e d\u2019expressions\nimag\u00e9es), pour caract\u00e9riser et situer l\u2019autre, jamais pour le fixer dans sa\ndiff\u00e9rence&nbsp;! Ainsi \u00ab&nbsp;coolie&nbsp;\u00bb \u00e9tait-il un terme affectueux pour\nm\u00e8res ch\u00e9rissant la chevelure cr\u00e9pue -ou non- de leurs bambins&nbsp;; \u00ab&nbsp;Chine&nbsp;\u00bb\nse contentait de d\u00e9signer un asiatique qui avait install\u00e9 dans le quartier, sa\nfamille et son n\u00e9goce.&nbsp; \u00ab An&nbsp;Syrien&nbsp;\u00bb\nrenvoie n\u00e9cessairement l\u2019image du personnage qui a la bosse du commerce, le\nm\u00eame qui a d\u00e9sormais enseigne dans la rue des Syriens, apr\u00e8s d\u2019avoir sillonn\u00e9 toutes\nnos campagnes, lest\u00e9 de ses valises repues de babioles presque inutiles, mais\nbienvenues et bien vendues dans les cases. Ces personnes \u00e9taient arriv\u00e9es en\nposition d\u2019exil\u00e9s, fuyant des situations difficiles en Chine, Inde, Palestine,\nLiban&#8230; bien souvent encourag\u00e9es par la France coloniale, vers une Am\u00e9rique\npromise et qu\u2019ils n\u2019atteindront pas. En Martinique, ils ont fait souche, au\nmilieu d\u2019autres d\u00e9racin\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Faire souche&nbsp;\u00bb ou repartir<\/p>\n\n\n\n<p>Dans\nces mouvements humains, il faut regarder comme singuliers, les \u00e9changes et\nrelations avec nos voisins et cousins de la Cara\u00efbe, les passerelles avec ceux de\nnos concitoyens fran\u00e7ais, sur le continent sud-am\u00e9ricain (Guyane) ou dans la\nproche \u00ab&nbsp;\u00eele s\u0153ur&nbsp;\u00bb distante de 180 Kilom\u00e8tres (Guadeloupe). Certains\nsont arriv\u00e9s et puis se sont arr\u00eat\u00e9s, se sont \u00e9tablis, presque sans projet de\nd\u00e9part, comme l\u2019ont fait les Ta\u00efnos des si\u00e8cles auparavant. Ils arrivaient par\nopportunisme \u00e9conomique, avec l\u2019id\u00e9e de repartir bien vite. Il n\u2019y avait pas de\nprotocole administratif tr\u00e8s contraignant&nbsp;: les Saint-Luciens venaient\npour la campagne sucri\u00e8re et repartaient, les Ha\u00eftiens \u00e9taient invit\u00e9s pour\nnous faire danser aux rythmes des sonorit\u00e9s magnifiques de leur \u00eele, au m\u00eame\ntitre que des Trinidadiens, des Barbadiens (qui eux, ne se sont jamais\nr\u00e9ellement implant\u00e9s). <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p>Martiniquais\nmigrants<\/p>\n\n\n\n<p>Les\nMartiniquais en faisaient de m\u00eame de leur c\u00f4t\u00e9. Partis un jour vers des\ndestinations improbables, ils ont fini par s\u2019enraciner, \u00e0 la suite surtout de\nl\u2019\u00e9ruption de la Montagne Pel\u00e9e en 1902. Nombre de familles ont pris la\ndirection de la Guyane ou de Panama City, pour le programme Ariane ou les\ngigantesques chantiers du Canal. Dans ces contr\u00e9es, ils y retrouvaient d\u2019autres\ncompagnons de la Cara\u00efbe int\u00e9ress\u00e9s par la perspective de travailler ailleurs\nque dans l\u2019industrie canni\u00e8re qui entamait son d\u00e9clin dans nos r\u00e9gions.\nD\u2019ailleurs, au pays, il se dessinait une migration des zones rurales, vers la\nm\u00e9tropole locale -Fort de France-, o\u00f9 Aim\u00e9 C\u00e9saire, maire, devait composer avec\ncet exode inattendu. Il n\u2019y eu pourtant pas de ghetto d\u00e9di\u00e9 et rep\u00e9r\u00e9 pour \u00eatre\nzone de vie de tel groupe. Des personnes se sont pourtant organis\u00e9es en\ncommunaut\u00e9, sans communautarisme, chacun ne dissimulant jamais son origine, avec\nen partage&nbsp;: la mis\u00e8re et le peu de moyens, sans c\u00e9der au d\u00e9nuement ou\nmis\u00e9rabilisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Le basculement<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 80 et avec l\u2019av\u00e8nement d\u2019images et commentaires sur les boat-peoples du Vi\u00eat-Nam, puis d\u2019Ha\u00efti et ensuite de Cuba, la r\u00e9alit\u00e9 affreuse et crue, entrait dans les conversations des Martiniquais. En fait on \u00e9tait n\u00e9cessairement appel\u00e9 \u00e0 prendre position sur une pr\u00e9occupation qu\u2019on nommait alors, la cause des exil\u00e9s, demandeurs d\u2019asiles ! Nous voici dons install\u00e9s au spectacle du monde, jusque tout pr\u00e8s de nous avec Cuba et Ha\u00efti. Seulement ces candidats au d\u00e9part choisissaient encore d\u2019aller vers les Etats Unis ou la Canada, il eut \u00e0 la marge quelques Ha\u00eftiens dissidents artistes puis arrivants libres cantonn\u00e9s surtout dans des emplois subalternes ou des activit\u00e9s de \u00ab pacotilleurs \u00bb. Le(s) parti(s) politique(s) de la droite locale (voire de gauche), trouvaient ainsi motifs \u00e0 forcir le trait pour illustrer leurs slogans contre l\u2019ind\u00e9pendance qui conduirait fatalement \u00e0 quitter un giron s\u00e9curis\u00e9, garanti par l\u2019appartenance \u00e0 un ensemble fran\u00e7ais, plut\u00f4t que l\u2019aventure et l\u2019errance auxquelles nous serions vou\u00e9s, dans la tentation de s\u00e9cession !<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9trangers sont-ils encore les bienvenus&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la m\u00eame p\u00e9riode d\u2019autres voisins se sont joints \u00e0 la dynamique du d\u00e9part en exil \u00e9conomique pour venir en aide \u00e0 la famille rest\u00e9e au pays. Des Dominicaines (de R\u00e9publique Dominicaine), arrivaient en Martinique par des voies illicites pour une activit\u00e9 illicite de leurs corps et leurs charmes, dans des circuits tenus par des Martiniquais&#8230; Des zones de non-droit ont fleuri, des quartiers se sont sp\u00e9cialis\u00e9s et rep\u00e9r\u00e9s comme tels, des trafics se sont structur\u00e9s, des \u00e9changes dans le commerce informel et r\u00e9primable se sont intensifi\u00e9s avec nos voisins, les jeunes de plus en plus expos\u00e9s aux dangers et d\u00e9rives de ce changement d\u2019organisation sociale. Les statistiques de la justice des mineurs (ascendants, motifs et prises en charge), en attesteraient. Le discours extr\u00e9miste bleu marine longtemps honni et emp\u00each\u00e9, trouve d\u00e9sormais r\u00e9sonance, voire m\u00eame candidats pour une repr\u00e9sentation locale visible&#8230; Une frange de la population insuffisamment outill\u00e9e pour l\u2019analyse reprend les arguments qui s\u2019\u00e9talent dans les m\u00e9dias qui relaient les propos venus d\u2019ailleurs. D\u2019autres voix tentent bien de contenir les d\u00e9rives mais il ne se passe pas un jour sans un \u00e9pisode d\u00e9plorable marginal, ne soit l\u2019occasion d\u2019un \u00e9clairage marqu\u00e9 par l\u2019affect et la tendance du moment.<\/p>\n\n\n\n<p>Nouvelle forme de l\u2019acculturation&nbsp;: les peurs du\npeuple fran\u00e7ais en h\u00e9ritage<\/p>\n\n\n\n<p>Mon sentiment est que nous h\u00e9ritons continuellement en live et dans l\u2019imm\u00e9diat, de TOUTES les peurs des Fran\u00e7ais. En bons sujets (citoyens) parfaitement acultur\u00e9s, nous adoptons sans filtres les analyses et expressions des bien-pensants \u00ab de souche \u00bb, ainsi nous voici pr\u00eats \u00e0 mener une sorte de pogrom comme ce fut le cas une fois en Guadeloupe, contre des Dominiquais (voisins anglophones de l\u2019\u00eele de la Dominique). Nous voici d\u00e9sormais sur nos gardes, d\u00e8s qu\u2019appara\u00eet un barbu en Djellaba, certains soliloquent et appellent \u00e0 t\u00e9moin lors du passage d\u2019une femme voil\u00e9e : t\u00e9moignages entendus, ces deux derni\u00e8res situations restent rares mais occasionnelles. Ce constat se v\u00e9rifie \u00e9galement dans les d\u00e9bats et le traitement de la citoyennet\u00e9 ou de la la\u00efcit\u00e9 : amenez vos angoisses, nous les ferons n\u00f4tres !! En revanche, passez-nous que nombre de personnes venues de France, pour la plupart, des exil\u00e9s volontaires qui s\u2019installent en Martinique o\u00f9 l\u2019on crie paradoxalement qu\u2019il y a un ch\u00f4mage end\u00e9mique sur un march\u00e9 \u00e9troit entre autres raisons. Nous n\u2019avons rien \u00e0 opposer \u00e0 ces d\u00e9placements licites ; ce qui choque c\u2019est la forme et le r\u00e9sultat visible, car comme par enchantement, tout marche pour ces nouveaux arrivants : logement, travail, r\u00e9seaux, farniente et h\u00e9las de plus en plus aujourd\u2019hui : arrogance et m\u00e9pris vis-\u00e0-vis de l\u2019indig\u00e8ne. <\/p>\n\n\n\n<p>Que font les CEMEA Martinique&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Les CEMEA Martinique sont clairement \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de cet \u00e9tat d\u2019esprit, cet avis vaut pour les individus qui composent le groupe, certes, mais ne l\u2019avons-nous pas v\u00e9rifi\u00e9 collectivement. Il convient de la faire aujourd\u2019hui et rapidement de mani\u00e8re \u00e0 nous positionner et faire conna\u00eetre le parti-pris de l\u2019AT, dans le d\u00e9litement des consciences. Il faut reconna\u00eetre que les membres sont impliqu\u00e9s individuellement dans des circuits de r\u00e9sistance connus (Amnesty, association d\u2019aide aux \u00e9trangers, actions d\u2019insertion au r\u00e9insertion, soutien aux familles dans la pr\u00e9carit\u00e9&#8230;), voire m\u00eame de syndicats ou organisation politique ouvertement positionn\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>Depuis 2012, suite \u00e0 une r\u00e9flexion collective li\u00e9e \u00e0 un projet intitul\u00e9 \u00ab espace mobile de d\u00e9veloppement culturel, \u00e9ducatif et social de proximit\u00e9 \u00bb ; l\u2019Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale s\u2019est prononc\u00e9e favorablement pour ouvrir un nouveau champ d\u2019intervention \u00ab Secteur Action directe et de proximit\u00e9 \u00bb. L\u2019id\u00e9e est d\u2019agir aupr\u00e8s des publics au quotidien. Cet axe de d\u00e9veloppement, original dans le R\u00e9seau, vise \u00e0 dynamiser \u00ab l\u2019espace socio-\u00e9ducatif et culturel \u00bb sur un territoire marqu\u00e9 voire stigmatis\u00e9, en direction des enfants et des jeunes, en associant les parents et, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les habitants pour cr\u00e9er une dynamique diff\u00e9rente. Il se trouve que les zones o\u00f9 nous sommes pr\u00e9sents en n\u00e9gociation avec nos partenaires, sont habit\u00e9es en une large proportion, par des familles avec des patronymes \u00e0 consonances \u00e9trang\u00e8res, des unions mixtes pour beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<p>Dimanche 17 mars 2019<\/p>\n\n\n\n<p>Contribution de Pierre Procolam<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"post-excerpt\">La formule en exergue est un d\u00e9tournement d\u2019une pens\u00e9e humaniste \u00e9crite par le po\u00e8te Aim\u00e9 C\u00e9saire, parlant des Juifs. 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