{"id":620,"date":"2020-01-23T08:44:20","date_gmt":"2020-01-23T07:44:20","guid":{"rendered":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/?p=620"},"modified":"2020-01-23T11:54:40","modified_gmt":"2020-01-23T10:54:40","slug":"la-rivoluzione-dentro","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/2020\/01\/23\/la-rivoluzione-dentro\/","title":{"rendered":"La rivoluzione dentro"},"content":{"rendered":"\n<p> <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>La\nr\u00e9volution dedans,<\/em><\/strong> c\u2019est le titre\nd\u2019un num\u00e9ro sp\u00e9cial de la revue italienne l\u2019Ippogrifo paru\nd\u00e9but 2018<a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>1<\/sup><\/a>\n\u00e0 l\u2019occasion du quaranti\u00e8me anniversaire de la loi 180 (dite\naussi Loi Basaglia) qui transforma de mani\u00e8re radicale l\u2019univers\npsychiatrique italien. \n<\/p>\n\n\n\n<p>\nLe propos de cette revue est de faire le point et d\u2019analyser o\u00f9\nl\u2019on en est 40 ans apr\u00e8s qu\u2019une loi ait d\u00e9cid\u00e9 de la fermeture\ndes \u201cmanicomi\u201d, les asiles d\u2019ali\u00e9n\u00e9s, ancienne d\u00e9nomination\ndes \u201ch\u00f4pitaux psychiatriques\u201d&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi\n<em>r\u00e9volution dedans<\/em>&nbsp;? L\u2019id\u00e9e est que ce qui s\u2019est\npass\u00e9 dans l\u2019univers psy en Italie depuis les ann\u00e9es \u201960\njusqu\u2019\u00e0 aboutir \u00e0 la loi 180 (du 13 mai 1978) ne tient pas que\nd\u2019une r\u00e9forme dans les soins psychiatriques mais \u00e0 proprement\nparler d\u2019une r\u00e9volution qui a eu d\u2019\u00e9normes r\u00e9percussions au\nniveau m\u00eame de la culture en Italie notamment du fait qu\u2019elle a\ntouch\u00e9 au rapport \u00e0 l\u2019autre et \u00e0 la folie.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est avec ces\nid\u00e9es en t\u00eate (qui se sont clarifi\u00e9es au fur et \u00e0 mesure et dans\nl\u2019apr\u00e8s-coup) que je me suis engag\u00e9 dans le voyage d\u2019\u00e9tude \u2013\nErasmus qui nous a emmen\u00e9s \u00e0 Florence durant une semaine de la\nmi-d\u00e9cembre 2019.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne relaterai\nici que quelques-unes des multiples et belles rencontres dont nous\nf\u00fbmes gratifi\u00e9s durant ce s\u00e9jour, celles qui sont les plus proches\nde mon propos.<\/p>\n\n\n\n\n\n<p> <strong>D\u2019abord la premi\u00e8re rencontre<\/strong> avec les militants Cem\u00e9a de Toscane sur les lieux de l\u2019ArchiVivo, la collections des archives des Cem\u00e9a de Toscane conserv\u00e9es et gard\u00e9es vivantes par deux militantes qui accompagneront r\u00e9solument notre groupe durant tout le s\u00e9jour&nbsp;: <strong>Laura Grazzini<\/strong> et <strong>Michela Lorenzi<\/strong>. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"490\" height=\"653\" src=\"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-content\/uploads\/sites\/6\/2020\/01\/photo3_vanni.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-623\" srcset=\"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-content\/uploads\/sites\/6\/2020\/01\/photo3_vanni.jpg 490w, https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-content\/uploads\/sites\/6\/2020\/01\/photo3_vanni-225x300.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 490px) 100vw, 490px\" \/><figcaption>Cem\u00e9a Toscane, \u00e0 la d\u00e9couverte des archives<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re\nchose qui me tombe sous les yeux lorsque j\u2019entre dans le local de\nl\u2019ArchiVivo, c\u2019est la revue intitul\u00e9e <em>Basaglia e i CEMEA<\/em>.\nQuelle belle d\u00e9couverte&nbsp;: je ne m\u2019attendais pas du tout \u00e0\ntomber aussi vite sur une question que je me posais depuis ma toute\nr\u00e9cente fr\u00e9quentation des Cem\u00e9a.<\/p>\n\n\n\n<p>Nos aimables\nh\u00f4tesses, voyant mon enthousiasme, m\u2019en offrent imm\u00e9diatement un\nexemplaire\u2026 d\u2019autres exemplaires avaient aussi \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9s\npour les visiteurs qui en auraient manifest\u00e9 le souhait.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai emport\u00e9\npr\u00e9cieusement cette revue mais je dois avouer qu\u2019\u00e0 part l\u2019avoir\nrapidement feuillet\u00e9e, avoir constat\u00e9 que Laura et Michela avaient\nactivement particip\u00e9 au comit\u00e9 de r\u00e9daction, je les ai aussit\u00f4t\nrang\u00e9es pour me consacrer aux multiples moments bien denses des\nrencontres organis\u00e9es pour le s\u00e9jour.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est\nqu\u2019apr\u00e8s mon retour que je me suis vraiment consacr\u00e9 \u00e0 la\nlecture de l\u2019ouvrage et y ai d\u00e9couvert les tr\u00e9sors d\u2019histoire\nqu\u2019il contenait, ce qui m\u2019a tout de suite donn\u00e9 l\u2019envie de\nm\u2019atteler \u00e0 sa traduction notamment pour en faire profiter mes\ncompagnons de voyage qui pratiquent moins ais\u00e9ment l\u2019italien. Je\njoins ici les premi\u00e8res pages de la traduction (que je compte bien\npoursuivre)&nbsp;: l\u2019ouverture, la mise en place du contexte de\ncette nouvelle revue de la F\u00e9d\u00e9ration Italienne des CEMEA,\nl\u2019histoire succincte mais bien document\u00e9e de l\u2019implication des\nCEMEA dans le monde de la Sant\u00e9 Mentale.<\/p>\n\n\n\n<p>Si le contexte\nsp\u00e9cifiquement italien sera davantage d\u00e9crit dans la suite de la\nrevue, on pointe ici d\u2019embl\u00e9e les effets de cette \u201cR\u00e9volution\nDedans\u201d, par la fa\u00e7on particuli\u00e8re qu\u2019ont Laura et Michela de\nlire l\u2019histoire qui aboutira \u00e0 la fermeture des \u201cManicomi\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la suite de\nla revue (que l\u2019on peut feuilleter en langue originale sur\n<a href=\"https:\/\/www.cemea.it\/?p=897\">https:\/\/www.cemea.it\/?p=897<\/a>),\non verra qu\u2019il est pas mal question de parcourir le dense mais bref\nparcours de la revue Italienne APVS&nbsp;: <em>Assistance\nPsychiatrique et Vie Sociale<\/em> qui exista entre 1965 et 1969. Revue\nqui est sans aucun doute le pendant italien de VST, <em>Vie Sociale et\nTraitement<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>1969-1970, c\u2019est\npar ailleurs aussi le moment o\u00f9 Basaglia, qui a fait partie de\nl\u2019\u00e9quipe r\u00e9dactionnelle d\u2019APVS, quitte l\u2019h\u00f4pital de Gorizia,\nl\u00e0 o\u00f9 il avait d\u00e9velopp\u00e9 depuis 1961 l\u2019exp\u00e9rience du travail\nen Communaut\u00e9 Th\u00e9rapeutique&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>[Wikipedia] <em>\u00c0\nGorizia, on parle de communaut\u00e9 th\u00e9rapeutique ayant comme moteur\nles assembl\u00e9es et les r\u00e9unions. C&rsquo;est l&rsquo;occasion pour les membres\nde la communaut\u00e9 de se confronter. Cette confrontation entre\ndiff\u00e9rents r\u00f4les culturels et sociaux introduit un motif de\ncomparaison et de contestation, et cr\u00e9e une dynamique. La communaut\u00e9\ndonne au malade un statut social nouveau, alors que la soci\u00e9t\u00e9 en\nr\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, tente de le lui d\u00e9nier. \u00c0 Gorizia est mis en\navant le fait que le malade est un \u00eatre sans droits, et c&rsquo;est de\ncela que l&rsquo;on parle. La maladie est mise entre parenth\u00e8ses afin de\nfavoriser les relations.<\/em>  \n<\/p>\n\n\n\n<p>Deux formidables\ndocuments film\u00e9s tourn\u00e9s en 1968-1969, que j\u2019ai autrefois\nsous-titr\u00e9s \u00e0 l\u2019occasion du colloque organis\u00e9 \u00e0 Gorizia en 2011\n(cinquanti\u00e8me anniversaire de l\u2019entr\u00e9e de Basaglia dans le\n\u201cManicomio\u201d), relatent cette premi\u00e8re exp\u00e9rience et annoncent\nd\u00e9j\u00e0 l\u2019impasse institutionnelle rep\u00e9r\u00e9e par Franco Basaglia et\nqui le portera bient\u00f4t \u00e0 Trieste et \u00e0 la fermeture des \u201cManicomi\u201d\norganis\u00e9e par la loi 180 du 13 mai 1978 (appel\u00e9e de fa\u00e7on quelque\npeu abusive <em>Loi Basaglia<\/em> pour rendre hommage \u00e0 l\u2019un de ses\ntr\u00e8s actifs artisans)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><a href=\"https:\/\/www.dailymotion.com\/video\/x21hjvh\">Les\n\tjardins d\u2019Abel<\/a>, LE document \u201chistorique\u201d\n\tr\u00e9alis\u00e9 par Sergio Zavoli pour la RAI en 1969\n\t<\/li><li><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=McM9w2t2lv8\">La\n\tfable du serpent<\/a>, autre document r\u00e9alis\u00e9 par Mirkko\n\tPeltonnen pour la t\u00e9l\u00e9vision finlandaise en 1969 mais qui n\u2019est\n\tr\u00e9apparu qu\u2019en 2011.\n<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p> <strong>Deuxi\u00e8me jour,<\/strong> la Cooperativa Gaetano Barberi, travail en \u201ccentre de jour\u201d avec les handicap\u00e9s adultes. Je m\u2019attendais, comme d\u2019autres du groupe, \u00e0 rencontrer des travailleurs sociaux qui allaient nous entretenir de la fa\u00e7on dont ils concevaient le travail avec ces personnes. Mais pas du tout&nbsp;: nous entrons dans une pi\u00e8ce o\u00f9 ne si\u00e9geaient que deux ou trois \u201cprofessionnels\u201d avec, dans le cercle, une bonne douzaine de personnes qui ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9es \u00e0 parler avec nous de ce qu\u2019ils faisaient l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"831\" height=\"462\" src=\"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-content\/uploads\/sites\/6\/2020\/01\/pho2_vanni.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-622\" srcset=\"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-content\/uploads\/sites\/6\/2020\/01\/pho2_vanni.jpg 831w, https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-content\/uploads\/sites\/6\/2020\/01\/pho2_vanni-300x167.jpg 300w, https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-content\/uploads\/sites\/6\/2020\/01\/pho2_vanni-768x427.jpg 768w, https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-content\/uploads\/sites\/6\/2020\/01\/pho2_vanni-552x307.jpg 552w\" sizes=\"auto, (max-width: 831px) 100vw, 831px\" \/><figcaption>Centro Barberi<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Ce fut l\u00e0 la\nrencontre pr\u00e9liminaire avant qu\u2019ils ne nous fassent voyager dans\nl\u2019institution pour nous faire partager quelques-unes des multiples\nactivit\u00e9s dans lesquelles ils \u00e9taient engag\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 aussi, dans\ncette rencontre inattendue, ce fut pour moi une belle \u00e9motion.\nL\u2019impression de me trouver dans un lieu o\u00f9 la parole de la\npersonne est non seulement prise en compte mais o\u00f9 elle est\ndavantage valoris\u00e9e dans sa dimension subjective et citoyenne&nbsp;:\nune personne impliqu\u00e9e en tant que sujet mais aussi en tant qu\u2019\u00eatre\npolitique engag\u00e9 dans une institution et, au-del\u00e0, dans la soci\u00e9t\u00e9\n(en particulier lorsqu\u2019ils ont r\u00e9pondu \u00e0 notre question&nbsp;: <em>O\u00f9\nallez-vous apr\u00e8s votre passage \u00e0 la Cooperativa&nbsp;?<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai retrouv\u00e9\ndans ces \u00e9changes la tonalit\u00e9 vivante des r\u00e9unions auxquelles on\nassiste dans les documents ci-dessus de \u201969 mais aussi les effets\ntoujours vifs de la \u201cR\u00e9volution Dedans\u201d en lien avec la\n\u201cR\u00e9volution Dehors\u201d \u00e0 laquelle on assiste dans un autre\ndocumentaire film\u00e9 \u00e0 Trieste&nbsp;: \n<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>\u00ab\u00a0Tutti Matti\u00a0\u00bb o\u00f9 <em>un groupe d\u2019\u00e9ducateurs int\u00e9ress\u00e9s par les exp\u00e9riences italiennes dans le domaine de la sant\u00e9 mentale pr\u00e9sente quelques fragments de ce qu\u2019ils ont vu \u00e0 Trieste lors de leur voyage en septembre 1977 alors que se tenait \u00e0 l\u2019h\u00f4pital psychiatrique les troisi\u00e8mes rencontres du R\u00e9seau Europ\u00e9en Alternative \u00e0 la Psychiatrie<\/em>&#8230; Document Vid\u00e9o produit par l\u2019\u00e9cole d\u2019\u00e9ducateurs de Montpellier et Vid\u00e9o Animation Languedoc<a href=\"#sdfootnote2sym\"><sup>2<\/sup><\/a> <\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Ce document nous\nmontre notamment l\u2019\u00e9poque de l\u2019essor des Coop\u00e9ratives visant \u00e0\nl\u2019inclusion des personnes dans leurs milieux de vie et leur\nparticipation active dans la soci\u00e9t\u00e9&nbsp;: une v\u00e9ritable\n<a href=\"http:\/\/www.psichiatriademocratica.com\/index.php?lang=en\">Psychiatrie\nD\u00e9mocratique<\/a>, du nom de ce mouvement fond\u00e9 en\noctobre 1973 en Italie, et qui a gard\u00e9 jusqu\u2019aujourd\u2019hui un\nprogramme en trois temps&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Continuer la\n\tlutte contre l\u2019exclusion, en en analysant et en en d\u00e9non\u00e7ant les\n\tmatrices dans leurs aspects structurels (rapports sociaux de\n\tproduction) et super-structurels (valeurs et normes) de la soci\u00e9t\u00e9.\n\t<\/li><li>Continuer la\n\tlutte contre l\u2019\u201casile\u201d, comme lieu o\u00f9 l\u2019exclusion trouve\n\tson expression paradigmatique la plus \u00e9vidente et violente, tout en\n\t\u00e9tant aussi le garant concret de la reproduction des m\u00e9canismes\n\td\u2019\u00e9margination sociale.\n\t<\/li><li>Souligner\n\tles dangers de la reproduction des m\u00e9canismes institutionnels\n\texcluant, \u00e9galement dans les structures psychiatriques extra-muros\n\td\u2019un quelconque type.\n<\/li><\/ol>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">La dialectique de\nla contradiction<\/h1>\n\n\n\n<p>Un point qui\nm\u00e9rite \u00e0 mon sens d\u2019\u00eatre soulign\u00e9 et qui est manifeste dans ce\ndernier document, c\u2019est le rapport de Franco Basaglia et de son\n\u00e9quipe \u00e0 la dialectique de la contradiction. \n<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le\nphilosophe Hegel a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des premiers \u00e0 souligner que les\ncontradictions sont le moteur de la dynamique. Contrairement \u00e0 la\nlogique formelle pour laquelle contradiction signifie erreur, la\ndialectique \u00e9tudie les contradictions internes d\u2019un syst\u00e8me et y\nvoit la base de la dynamique et de la fabrication de nouveaut\u00e9\nqualitative [\u2026] Friedrich Engels \u00e9crit dans l\u2019\u00a0\u00bbAnti-D\u00fchring\u00a0\u00bb\n: \u00ab\u00a0Tant que nous<\/em> <em>consid\u00e9rons les choses comme en repos\net sans vie, chacune pour soi, l\u2019une \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019autre et\nl\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre, nous ne nous heurtons certes \u00e0 aucune\ncontradiction en elles. Nous trouvons l\u00e0 certaines propri\u00e9t\u00e9s qui\nsont en partie communes, en partie diverses, voire contradictoires\nl\u2019une \u00e0 l\u2019autre, mais qui, dans ce cas, sont r\u00e9parties sur des\nchoses diff\u00e9rentes et ne contiennent donc pas en elles-m\u00eames de\ncontradiction. Dans les limites de ce domaine d\u2019observation, nous\nnous en tirons avec le mode de pens\u00e9e courant, le mode m\u00e9taphysique.\nMais il en va tout autrement d\u00e8s que nous consid\u00e9rons les choses\ndans leur mouvement, leur changement, leur vie, leur action\nr\u00e9ciproque l\u2019une sur l\u2019autre. L\u00e0 nous tombons imm\u00e9diatement\ndans des contradictions. Le mouvement lui-m\u00eame est une contradiction\n; d\u00e9j\u00e0, le simple changement m\u00e9canique de lieu lui-m\u00eame ne peut\ns\u2019accomplir que parce qu\u2019\u00e0 un seul et m\u00eame moment, un corps est\n\u00e0 la fois dans un lieu et dans un autre lieu, en un seul et m\u00eame\nlieu et non en lui. Et c\u2019est dans la fa\u00e7on que cette contradiction\na de se poser continuellement et de se r\u00e9soudre en m\u00eame temps, que\nr\u00e9side pr\u00e9cis\u00e9ment le mouvement.&nbsp;<\/em>\u00bb<a href=\"#sdfootnote3sym\"><sup>3<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"858\" height=\"597\" src=\"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-content\/uploads\/sites\/6\/2020\/01\/photo1_vanni.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-621\" srcset=\"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-content\/uploads\/sites\/6\/2020\/01\/photo1_vanni.jpg 858w, https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-content\/uploads\/sites\/6\/2020\/01\/photo1_vanni-300x209.jpg 300w, https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-content\/uploads\/sites\/6\/2020\/01\/photo1_vanni-768x534.jpg 768w, https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-content\/uploads\/sites\/6\/2020\/01\/photo1_vanni-552x384.jpg 552w\" sizes=\"auto, (max-width: 858px) 100vw, 858px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>\n<strong>Il\ny eut enfin d\u2019autres rencontres<\/strong>\npercutantes durant ce s\u00e9jour \u00e0 Florence en rapport aux questions\nli\u00e9es \u00e0 la sant\u00e9 mentale&nbsp;: \n<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>L\u2019association\n\tArtemisia, Centre antiviolence pour les femmes toujours tr\u00e8s active\n\tet militante.\n\t<\/li><li>La rencontre\n\tde la Coop\u00e9rative La Fenice (li\u00e9e \u00e0 l\u2019Albergo Popolare),\n\ttravaillant avec les Sans-Abri et organisant notamment des groupes\n\tde parole anim\u00e9s hebdomadairement par un psychiatre et une\n\tpsychologue \u201cvolontaires\u201d. Nous f\u00fbmes d\u2019ailleurs invit\u00e9s \u00e0\n\tparticiper \u00e0 l\u2019un de ces groupes de parole&nbsp;: rapport\n\tbouleversant entre des \u00eatres souffrants provenant de cultures\n\tdiverses.\n<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>En\nguise d\u2019\u00e9closion<\/strong>, je vous propose un\npetit texte qui sert de conclusion \u00e0 l\u2019ouvrage <em>Liberi Tutti<a href=\"#sdfootnote4sym\"><sup>4<\/sup><\/a>\n[Libres Tous, Asiles et psychiatres en Italie, une histoire du XX\u00e8me\nsi\u00e8cle]<\/em>, \u00e9crit par Valeria P. Babini, enseignante en histoire\nde la psychologie et de la psychiatrie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Bologne,\ntexte qui, par ses r\u00e9f\u00e9rences au monde de l\u2019\u00e9ducation, parlera\nsans doute beaucoup aux militants Cem\u00e9a engag\u00e9s dans les m\u00e9thodes\nd\u2019\u00e9ducation active. Valeria Babini \u00e9voque ici cette r\u00e9volution\ndans la culture, cette<em> R\u00e9volution Dedans <\/em>:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le parcours de\nla psychiatrie italienne du XX\u00e8me si\u00e8cle s\u2019ouvre avec une loi, la\nn. 36 de 1904, et se termine avec une autre, la n. 180 de 1978. Cette\nloi signe pour l\u2019Italie et pour la psychiatrie un tournant&nbsp;:\nelle cl\u00f4t une \u00e9poque et en ouvre une autre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La 180 \u2013 on\nl\u2019a dit \u2013 n\u2019est pas la \u00ab&nbsp;loi Basaglia&nbsp;\u00bb, comme on\nl\u2019appelle commun\u00e9ment. Elle comporte toutefois le rappel des id\u00e9es\net des batailles de Franco Basaglia et un r\u00e9sultat tangible et\nineffa\u00e7able&nbsp;: la fermeture des asiles. C\u2019est tellement vrai\nque nos enfants, aujourd\u2019hui, pourraient ne m\u00eame rien savoir de\nleur existence.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Maman,\nqu\u2019est-ce qu\u2019un asile&nbsp;?&nbsp;\u00bb &#8211; \u00ab&nbsp;Je vais maintenant\nte raconter une histoire. Il \u00e9tait une fois\u2026&nbsp;\u00bb, et le nom de\nBasaglia surgirait bien vite. Dans ce simple sens, L\u2019Italie reste\nle pays de Basaglia.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Dans un tr\u00e8s\nbel article apparu sur \u00ab&nbsp;L\u2019Espresso&nbsp;\u00bb le 3 mai 1968,\nFabrizio Dentice racontait aux lecteurs l\u2019extraordinaire exp\u00e9rience\nalors en acte \u00e0 Gorizia, pour laquelle il trouvait des expressions\nfortes et tout \u00e0 la fois embl\u00e9matiques. Le journaliste parlait de\n\u00ab&nbsp;cellule tomb\u00e9e d\u2019une autre plan\u00e8te&nbsp;\u00bb, de \u00ab&nbsp;foyer\nde r\u00e9bellion&nbsp;\u00bb, et d\u2019un directeur d\u2019asile, Basaglia,\n\u00ab&nbsp;coupable de haute trahison&nbsp;\u00bb&nbsp;: aux yeux d\u2019une\nsoci\u00e9t\u00e9 accus\u00e9e d\u2019user du pouvoir pour exclure ou exploiter\ncelui qui ne l\u2019a pas et d\u2019imposer au psychiatre le r\u00f4le du\nm\u00e9decin-gardien-ge\u00f4lier.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Non seulement\ncela, Dentice signalait aussi aux lecteurs que cet homme \u00e9tait un\nhomme courageux&nbsp;: qui avait d\u00e9cid\u00e9 de lever les contraintes\n(cha\u00eenes, grilles, grillages, camisoles de force, \u201c<\/em>la\nstrozzina<em>\u201d<a href=\"#sdfootnote5sym\"><sup>5<\/sup><\/a>)\npariant que ce sont ces moyens, et non pas la maladie en soi \u2013 qui\nest pourtant bien l\u00e0 \u2013, qui rendaient les fous \u201cfurieux\u201d, et\nqu\u2019il avait fait tout cela \u00e0 son propre risque. Dentice pr\u00e9venait<\/em>\n<em>ses lecteurs, outre de ce d\u00e9fi, de quelque chose qui les\nconcernait de pr\u00e8s&nbsp;: c&rsquo;est que Franco Basaglia avait aussi le\ncourage&nbsp;\u00ab&nbsp;<\/em>de tenter une exp\u00e9rience impopulaire<em>&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ainsi,\nimpopulaire \u00e7a l\u2019\u00e9tait et ce fut\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;<\/em>En\nr\u00e9alit\u00e9, quand nous avons commenc\u00e9 notre travail de\ntransformation, nous avons violent\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9<em>&nbsp;\u00bb, aurait\nd\u00e9clar\u00e9 Basaglia en 1979. Il gardait la conviction que ce n\u2019est\nqu\u2019ainsi qu\u2019il \u00e9tait possible de donner vie \u00e0 une nouvelle\ncommunaut\u00e9 d\u2019humains, o\u00f9 les personnes saines et celles en\nmaladie puissent vivre ensemble avec leurs ind\u00e9niables diff\u00e9rences\net jusque dans les tensions que celles-ci produisaient. Une\nexp\u00e9rience indubitablement impopulaire, parce que vou\u00e9e \u00e0\ncombattre un des pr\u00e9jug\u00e9s les plus diffus parmi les hommes&nbsp;:\ncelui de la folie come alt\u00e9rit\u00e9 inaccessible et mena\u00e7ante. \u00ab&nbsp;<\/em>Nous\navons violent\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9<em> [\u2026] \u2013 pr\u00e9cisait-il, tout en\nsignalant le changement de sc\u00e8ne \u2013 <\/em>mais au moment o\u00f9 nous\nviolentions la soci\u00e9t\u00e9, nous \u00e9tions l\u00e0 pr\u00e9sents pour assumer les\ncons\u00e9quences de cette violence, nous \u00e9tions l\u00e0 pour nous assumer\nla responsabilit\u00e9 de nos actions en tant que nouveaux techniciens,\npour aider la communaut\u00e9 \u00e0 comprendre ce que signifiait la pr\u00e9sence\nd\u2019une personne folle dans la soci\u00e9t\u00e9<em>&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Mais alors, la\nth\u00e9rapie de la libert\u00e9 devrait-elle s\u2019accompagner d\u2019une\np\u00e9dagogie de la libert\u00e9&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Franco\nBasaglia savait certainement bien que le plus grand des efforts \u00e0\naccomplir r\u00e9sidait au sein de la communaut\u00e9 des soi-disant \u00ab&nbsp;hommes\nlibres&nbsp;\u00bb. Se lib\u00e9rer de la peur, de l\u2019ennui, de la\nr\u00e9pugnance pour l\u2019autre\/le diff\u00e9rent n\u2019est pas un acte qu\u2019on\npeut induire par une loi. Se convaincre que l\u2019autre, c\u2019est nous,\net surtout nos peurs, signifie apprendre \u00e0 vivre dans le respect et\ndans l\u2019ouverture, croire dans la pluralit\u00e9 encore plus que dans\nl\u2019int\u00e9gration. C\u2019est plut\u00f4t un choix, une pratique de\nd\u00e9mocratie. Mais, pour \u00eatre entrepris, et surtout maintenu, c\u2019est\nun choix qui n\u00e9cessite un processus continu d\u2019auto\u00e9ducation, de\nvigilance permanente contre les m\u00e9canismes faciles et fonctionnels\nde nos modes de penser qui, \u201cpar nature\u201d sont au service de notre\nvie individuelle.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;<\/em>Pour\nles individus, la seule voie de salut, c\u2019est que toute l\u2019humanit\u00e9\nsoit sauve<em>&nbsp;\u00bb, \u00e9crivait une autre psychiatre, Maria\nMontessori, en 1916.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019article\nd\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 de Dentice sur \u201cL\u2019Espresso\u201d avait un titre \u00e0 la\nfois extraordinaire et sans justification&nbsp;: <\/em><strong>Une\nMontessori pour les fous<\/strong><em>. Injustifi\u00e9 parce que pas une seule\nligne du texte n\u2019expliquait quel parall\u00e8le, d\u2019autant plus\ndifficile \u00e0 saisir dans une Italie qui n\u2019a jamais su de\nl\u2019exp\u00e9rience Montessori que tr\u00e8s peu en ce moment-l\u00e0 de son\nhistoire [\u2026]. Et pourtant, ce titre contenait une intuition\nextraordinairement suggestive et f\u00e9conde&nbsp;: L\u2019Italie du XX\u00e8me\nsi\u00e8cle avait mis au monde deux m\u00e9thodes r\u00e9volutionnaires, une pour\nles enfants et une pour les fous, toutes deux construites sur la\nvaleur vivifiante de la libert\u00e9. Libert\u00e9 comme pain, comme aliment\npour un d\u00e9veloppement harmonieux et respectueux des\naspirations&nbsp;propres \u00e0 chacun : ainsi le pensait Maria\nMontessori&nbsp;; libert\u00e9 comme droit d\u2019exister, pour la\nr\u00e9cup\u00e9ration d\u2019une identit\u00e9 perdue et d\u00e9ni\u00e9e par la maladie,\nmais aussi pour le rachat d\u2019une collectivit\u00e9 enferm\u00e9e dans la\nforteresse de ses propres pr\u00e9jug\u00e9s ou dans la d\u00e9fense obtuse de sa\npropre normalit\u00e9&nbsp;: ainsi l\u2019\u00e9non\u00e7ait Franco Basaglia.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Deux\nh\u00e9r\u00e9tiques, donc, Franco Basaglia et Maria Montessori, qui renient\nleur science, la psychiatrie&nbsp;: le premier en en refusant la\nfonction normative et le r\u00f4le de contr\u00f4le social, la seconde en se\ntournant vers une p\u00e9dagogie capable de changer la fa\u00e7on de penser\ndes hommes en y apportant les valeurs constructives de la libert\u00e9 et\nde la paix.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La \u201cd\u00e9couverte\nde la libert\u00e9\u201d fut le point de d\u00e9part de leurs exp\u00e9riences\noriginales. Nous le savons en ce qui concerne Basaglia [le livre\n<\/em>Liberi Tutti<em> en atteste]. En ce qui concerne Montessori,\nrappelons que c\u2019est parmi les petits d\u00e9favoris\u00e9s du quartier mal\nfam\u00e9 de San Lorenzo, se mettant elle-m\u00eame tout \u00e0 l\u2019\u00e9preuve d\u2019un\nm\u00e9tier \u00e0 enti\u00e8rement inventer, qu\u2019elle en vient \u00e0 exposer la\nt\u00e2che de l\u2019\u00e9ducateur&nbsp;: \u00ab&nbsp;stimuler la vie, en la\nlaissant se d\u00e9ployer&nbsp;plus librement \u00bb. Pour elle aussi, il\ns\u2019est agi, avant tout, d\u2019\u00e9liminer les moyens de contention&nbsp;:\nc\u2019est ainsi pour le banc, qui fige les enfants en position assise,\nimmobiles comme \u00ab&nbsp;des papillons enfil\u00e9s sur leur aiguille&nbsp;\u00bb,\nainsi aussi pour le mobilier qui fait que l\u2019enfant se sent\ninappropri\u00e9, impuissant et surtout d\u00e9pendant de l\u2019adulte au lieu\nd\u2019\u00eatre soutenu dans le cheminement vers sa propre autonomie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Tous deux\nmarginalis\u00e9s par l\u2019establishment psychiatrique. Maria Montessori\nparce que femme, d\u00e8s lors excentrique et porteuse de d\u00e9sordre dans\nune communaut\u00e9 d\u2019hommes, comme l\u2019\u00e9tait la science psychiatrique\ndu d\u00e9but du XX\u00e8me s.&nbsp;; Franco Basaglia parce que \u201cphilosophe\u201d\net dissident en tant que tel face au mod\u00e8le organiciste de la\npsychiatrie acad\u00e9mique. Mais c\u2019est justement \u00e0 partir de ce\npremier acte d\u2019exclusion qu\u2019ils initieront tous deux une vraie et\npropre exp\u00e9rience scientifique et r\u00e9volutionnaire qui indique aux\nsciences de l\u2019homme leur propre devoir dans l\u2019usage et le\nr\u00e9tablissement de la libert\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La libert\u00e9 comme m\u00e9thode et comme fin. Il en est ainsi pour \u201c<\/em>La m\u00e9thode de la p\u00e9dagogie scientifique<em>\u201d et pour \u201c<\/em>L\u2019institution en n\u00e9gation<em>\u201d&nbsp;: deux \u201canti-livres\u201d qui feront litt\u00e9ralement le tour du monde. Des livres certes tr\u00e8s diff\u00e9rents entre eux. Comment auraient-ils pu ne pas l\u2019\u00eatre&nbsp;? Mais avec un trait fondamental commun&nbsp;: \u00eatre des \u201crapports\u201d plut\u00f4t que des textes. Des comptes-rendus d\u2019exp\u00e9riences uniques, qui se veulent exemplaires et \u00e0 la fois ouvertes, et qui, au moment o\u00f9 on les rend publiques, sont d\u00e9clar\u00e9es comme \u00e9tant \u00e0 d\u00e9passer ou \u00e0 r\u00e9futer. Des rapports de deux laboratoires \u00e0 la fois scientifiques et politiques&nbsp;: l\u2019un dans un asile et l\u2019autre dans une cr\u00e8che. Celui de Basaglia qui jusque dans son titre le signale&nbsp;: <\/em>L\u2019institution en n\u00e9gation<em>. Celui de Montessori qui pointera&nbsp;: \u00ab&nbsp;<\/em>ce que je d\u00e9fends n\u2019est pas une m\u00e9thode, c\u2019est un principe de d\u00e9fense de la personne humaine<em>&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Vanni Della Giustina 22.01.2020<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote1anc\">1<\/a>\n\tFrancesco\n\tStoppa (a cura di), <em>La\n\tRivoluzione Dentro, Per i 40 anni della legge 180<\/em>,\n\tBiblioteca dell\u2019Ippogrifo, Libreria al SEGNO Editrice, 2018<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote2anc\">2<\/a>\n\tR\u00e9alis\u00e9 par Alain Albaric, Dominique Brendel, Mich\u00e8le Roussel,\n\tBernard Sourogne, Fran\u00e7oise Vallat. Sous la direction de Pierre\n\tBoiral. Moyens techniques : Vid\u00e9o Animation Languedoc. Produit par\n\tInstitut de Psycho-P\u00e9dagogie M\u00e9dico-Sociale. Restauration\n\tHors-Champ Vid\u00e9o 2013.<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote3anc\">3<\/a>\n\tRobert Paris, <em>Qu\u2019est-ce qu\u2019une contradiction ?<\/em> in\n\t<a href=\"http:\/\/www.matierevolution.fr\/spip.php?article572\">http:\/\/www.matierevolution.fr\/spip.php?article572<\/a>\n\t\t<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote4anc\">4<\/a>\n\tValeria P. Babini, <em>Liberi Tutti<\/em>,\n\tIl Mulino 2009<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote5anc\">5<\/a>\n\tLa Strozzina [\u201cl\u2019\u00e9touffoir\u201d] est un syst\u00e8me tr\u00e8s\n\trudimentaire pour faire perdre conscience au malade, en le\n\tsuffocant. On lui jette un drap, souvent mouill\u00e9, sur la t\u00eate en\n\tle serrant \u00e9troitement autour du cou de fa\u00e7on \u00e0 ne pas lui\n\tpermettre de respirer&nbsp;: la perte de conscience est imm\u00e9diate.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"post-excerpt\">La r\u00e9volution dedans, c\u2019est le titre d\u2019un num\u00e9ro sp\u00e9cial de la revue italienne l\u2019Ippogrifo paru d\u00e9but 20181 \u00e0 l\u2019occasion du&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":621,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,24],"tags":[],"class_list":["post-620","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-florence19","category-voyage-erasmus"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/620","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=620"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/620\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":625,"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/620\/revisions\/625"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/media\/621"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=620"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=620"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=620"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}