{"id":617,"date":"2019-12-19T08:10:00","date_gmt":"2019-12-19T07:10:00","guid":{"rendered":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/?p=617"},"modified":"2020-01-06T08:12:03","modified_gmt":"2020-01-06T07:12:03","slug":"une-rencontre-avec-artemisia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/2019\/12\/19\/une-rencontre-avec-artemisia\/","title":{"rendered":"Une rencontre avec Artemisia"},"content":{"rendered":"\n<p>\nA\nFlorence il n\u2019existe qu\u2019une seule association qui accueille des\nfemmes victimes de violences conjugales&nbsp;: il s\u2019agit du centre\nanti violence ARTEMISIA. Nous avons eu le plaisir de rencontrer une\ndes administratrices au si\u00e8ge de l\u2019association lors de notre\ns\u00e9jour. Nous la remercions pour cet \u00e9change  riche en \u00e9motion, en\npartage d\u2019exp\u00e9rience et de pratique. \n<\/p>\n\n\n\n<p>A\nFlorence, une ville de 400&nbsp;000 habitants, l\u2019association ne\ndispose que de \u00ab&nbsp;deux maisons secr\u00e8tes&nbsp;\u00bb pour h\u00e9berger\ndes femmes avec leurs enfants&nbsp;: cela repr\u00e9sente environ \nseulement 25 \u00e0 35 femmes par an en situation de grand danger qui\npeuvent trouver refuge pour une dur\u00e9e limit\u00e9e \u00e0 6 mois. \n<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019administratrice\ninsiste sur la dimension du \u00ab&nbsp;secret&nbsp;\u00bb&nbsp;: elle\nignore, elle-m\u00eame, la localisation de ces deux r\u00e9sidences afin\nd\u2019assurer la plus grande s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 ces femmes. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Elle\nretrace \u00e9galement leur parcours du combattant&nbsp;: de l\u2019activation\nde \u00ab&nbsp;code rouge&nbsp;\u00bb au commissariat qui permet\nl\u2019intervention rapide des forces de l\u2019ordre au domicile, au\n\u00ab&nbsp;code rose&nbsp;\u00bb aux urgences hospitali\u00e8res afin que les\nfemmes puissent \u00eatre orient\u00e9es vers des psychologues puis vers\nl\u2019association.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019administratrice\npr\u00e9cise que l\u2019accueil dans ces maisons secr\u00e8tes se fait \u00e0\ncondition que les femmes acceptent \u00e9galement de \u00ab&nbsp;disparaitre&nbsp;\u00bb\nelles-m\u00eames pour leur s\u00e9curit\u00e9&nbsp;: il s\u2019agit v\u00e9ritablement\nd\u2019une exfiltration. Elle pr\u00e9cise d\u2019ailleurs que l\u2019association\nb\u00e9n\u00e9ficie pour cela d\u2019une convention avec le commissariat <em>\u00ab&nbsp;pour\navoir l\u2019autorisation de faire disparaitre des personnes<\/em>&nbsp;\u00bb.&nbsp;\nLes femmes et leurs enfants quittent leur domicile avec le minimum\nd\u2019effets personnels sans pr\u00e9venir leurs proches, leur m\u00e8re, leurs\namis&nbsp;: c\u2019est encore aujourd\u2019hui la double peine.  \n<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Maison\nsecr\u00e8te, code rouge, disparition&nbsp;\u00bb<\/em>,\nun vocable digne des romans d\u2019espionnage\u2026 pourtant l\u2019ambiance\nn\u2019est malheureusement pas romanesque mais bien la vie r\u00e9elle <em>\u00ab&nbsp;Les\nmeilleurs crimes sont domestiques&nbsp;\u00bb<\/em>\ndisait Alfred HICHCOCK. Car il s\u2019agit bien de cela&nbsp;: des\nfemmes qui luttent  et des institutions, des pouvoirs publics qui\ntentent de les prot\u00e9ger de  la violence de leur conjoint. \n<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019association\nARTEMISIA emploi des psychologues et des \u00e9ducatrices sp\u00e9cialis\u00e9es\npour accompagner les femmes et leurs enfants dans leurs parcours de\nreconstruction. Elle souhaiterait aujourd\u2019hui ouvrir des maisons de\n2<sup>\u00e8me<\/sup>\nniveau, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 bas seuil de risque comme les centres de\nr\u00e9insertion sociale qui peuvent exister ailleurs en Italie pour\naider les femmes lorsque le danger imm\u00e9diat est \u00e9cart\u00e9. N\u00e9anmoins\nses actions sont pour la majeure partie financ\u00e9es par des dons\npriv\u00e9s et l\u2019association manque cruellement de moyen. Elle \u00e9voque\nainsi de fortes disparit\u00e9s entre r\u00e9gion comme nous pouvons aussi le\nconstater en France entre zone rurale et zone urbaine. C\u2019est\n\u00e9galement toujours le manque de place d\u2019accueil qui est saisissant\naussi bien en Italie qu\u2019en France. Echapper aux violences signifie\nencore aujourd\u2019hui le plus souvent quitter le domicile conjugale,\nainsi l\u2019ouverture des centres d\u2019h\u00e9bergement reste toujours  une\npriorit\u00e9 port\u00e9e par les associations f\u00e9ministes.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque\nnous avons \u00e9voqu\u00e9 les mobilisations f\u00e9ministes actuelles, il a \u00e9t\u00e9\nsoulign\u00e9 l\u2019importance de la prise de conscience du ph\u00e9nom\u00e8ne en\nItalie mais pour autant les moyens allou\u00e9s aux associations\ndiminues. Dans ce domaine tout particuli\u00e8rement, et parce que la\nviolence tue et que l\u2019inertie est coupable, l\u2019administratrice a\nrappel\u00e9 avec \u00e9motion qu\u2019\u00e0 la cr\u00e9ation de la premi\u00e8re maison il\ny avait la prise de conscience <em>\u00ab&nbsp;qu\u2019il\nfallait non plus seulement protester mais il fallait les sortir de\nl\u00e0&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Louise\nMIRAGLIESE<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"post-excerpt\">A Florence il n\u2019existe qu\u2019une seule association qui accueille des femmes victimes de violences conjugales&nbsp;: il s\u2019agit du centre anti&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":618,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,24],"tags":[],"class_list":["post-617","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-florence19","category-voyage-erasmus"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/617","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=617"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/617\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":619,"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/617\/revisions\/619"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/media\/618"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=617"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=617"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.cemea.org\/res\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=617"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}